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documents:memo_creation_sonore

Mémo création sonore

Ces notes, proposées par Jean-Marie Favreau, sont la synthèse de réflexions personnelles, de discussions, de lectures et d'échanges, en vue de la réalisation d'un atelier du SUC où sera réalisé une balade sonore (sonographie).

Quelques références

  • Daniel Deshays:
    • Pour une écriture du son (Daniel Deshays, Klincksieck, 2006)
    • L'écriture du son au cinéma: une conférence de Daniel Deshays plutôt destinée aux réalisateurs de films, mais tout de même très instructive
  • Les travaux de Michel Chion

Quelques notes de lectures personnelles:

La création sonore

Au sujet de la création sonore:

  • vocabulaire emprunté aux autres sens (texture, champs, zoom, plans, etc.)
  • contrairement à l'image, le son donne à voir dans toutes les directions, c'est l'auditeur qui choisi, on peut superposer des “images” sonores sans que cela soit difficile à voir/écouter, on peut répéter en surimpression, on peut faire un fondu…
  • de la même manière qu'il y a une focale et un cadrage au cinéma, quand on construit une bande son, on choisi aussi de guider le focus sur quelque chose (en ne privilégiant qu'un son, en faisant disparaître l'ambiance progressivement, en jouant sur le lointain/proche)

Les composants d'une création sonore:

  • Les différentes “couches”: les paroles, la musique, les bruits (incl. voix)
    • différence entre bruit, son, musique
    • distinction parole/voix
    • qu'est-ce qu'une texture sonore, à quoi ça sert, comment on la créé, etc.
  • Les plans (premier plan, second plan, troisième…)
  • notion d'habillage (générique, virgule)
  • la typologie des sons de Pierre Schaeffer (Le Traité des objets musicaux), repris et étendus par Michel Chion, qui dépasse le cadre du timbre/note/…:
    • la masse, le site, le calibre, le timbre harmonique, le grain, l'allure, le critère dynamique, le profil mélodique et le profil de masse. Voir pour une écoute des objets sonores

La construction de la pièce:

  • différents types de formats:
    • figuratifs: fiction, documentaire, entretien, interview
      • Frontières floues: comment distinguer dans le choix du montage/habillage et dans l'enregistrement un documentaire d'une fiction ? Comment perdre l'auditeur entre les deux ?
    • abstraits: musique actuelle, musique contemporaine, bruitages
  • l'auditeur est sensible au changement de volume, à la rupture de la texture (plutôt qu'à la texture en continu, que l'on va ignorer), à la répétition (on apprend à reconnaître un son par la répétition, et on identifie d'autant la différence quand elle apparaît, ou les variations subtiles)
  • importance de laisser respirer (jeu avec le silence)
  • laisser de la place à l'imagination/interprétation, jouer avec l'auditeur (lui faire croire qu'il a découvert quelque chose par hasard)
  • le principe de “morceaux de sons” qui se répondent:
    • à travers le temps (ex: un son que l'on entend à plusieurs reprises, puis à la fin qui est légèrement différent)
    • dans différents plans (des voix qui répètent la même chose en même temps)
    • attention à éviter de « surjouer », éviter l'illustration pure (un son qui illustre ce que dit une voix)
  • un son unique attirera toute l'attention. Utiliser la répétition, l'évolution, des sons qui se complètent. Sauf si on veut créer la surprise, attirer toute l'attention.
  • penser à l'unité de ce que l'on créé:
    • par le choix des ambiances, le rappel de certains sons
    • le travail de mixage (compression cohérente par exemple)
  • le cumul des sons nuit à la compréhension (on n'arrive pas à écouter séparément les différentes “pistes” quand on écoute une pièce, contrairement à la vraie vie).
  • rendre la bande son “complexe”: éviter de juste faire entendre le bruit du vent dans les feuilles si on est dans un parc. Ajouter des jeux d'enfants au loin, une bicyclette qui passe, etc. En profiter pour y placer une information supplémentaire (illustration discrète du siècle dans une fiction historique, bruits évoquant la saison, ou le moment de la journée…)
  • une bande son accompagnant une voix doit faire attention à ne pas être trop dans les mêmes fréquences (grave/aigu), sinon l'auditeur peut perdre le propos.
  • laisser du temps entre les phrases parlées pour laisser l'ensemble respirer (sauf si on veut exprimer une précipitation bien sûr)

La matière brute:

  • les micros (pour la voix et les ambiances):
    • mono/stéréo, statique/dynamique, omnidirectionnel/cardioïde
    • les dispositifs de déformation du son: tubes de résonnance, filtres, etc.
  • captation de la voix:
    • choix du micro, de la pièce, du grain de la voix, de la conscience au micro, souffle, position du micro par rapport à la voix (viser la bouche depuis le haut, le bas, le côté, etc.)
  • captation d'ambiances:
    • on arrive rarement à capter quelque chose qu'on entend quand c'est une ambiance, par exemple de rue, de campagne (car il y a trop de sons qui se mèlent, et à la réécoute, on n'a plus la spacialisation, on ne peut plus distinguer)
    • capter plutôt indépendamment des sous-éléments de l'ambiance, puis remixer (mais problématiques de réalisme, ou de crédibilité)
    • attention cependant à ne pas tout nettoyer, épurer (comme c'est le cas au cinéma). On perd toute la matière sonore…
  • Importance d'être à deux lors d'un reportage/interview: l'un est vigilant à la forme (qualité d'enregistrement, etc.), l'autre au fond (propos de la personne en face)
  • jouer à distordre la matière sonore: captation, puis bidouillages numériques, puis mixage
  • musique: outils (mixxx, traktor) pour extraire des boucles, changer le tempo
  • samples: sons d'archives, extraits de films, de reportages TV, etc.
    • attention à la qualité
    • pas trop longs (droits de citation, question de quelle est son apport personnel…)
    • être attentif à la compression (un film d'Holliwood sera compressé à fond, difficile à intégrer dans une création)
    • être attentif à la musique (souvent les textes intéressants sont dits sur de la musique si c'est extrait d'une archive vidéo; c'est moins souvent le cas des archives purement audio)
    • Quelques sites:
    • Une bonne pratique: être toujours en veille (quand on regarde un film, une série, un reportage, avoir un papier/crayon pour noter les secondes intéressantes, puis à la fin du film les extraire)
  • bruitage: c'est le geste que l'on entend dans le son, et pas forcément l'objet exact. On peut refaire le son avec un autre objet… Voir Le labo du bruiteur
  • importance du lieu d'enregistrement (réverbération, volume de la pièce, etc.), de la distance du micro à l'émetteur de son.
  • se constituer une sonothèque personnelle au fil du temps: tous les sons bruts, une fois nettoyés, sont stockés (en wav ou flac) pour des réutilisations futures. Se trouver un système d'archivage personnel.

Du son brut à l'objet finalisé:

  • Les étapes après la matière brute: nettoyage des pistes brutes (puis archivage), montage, mixage, mastering
  • possibilité d'utiliser la stéréo (volume, différence de temps): réelle (voir captation stéréophonique), ou au contraire “virtuelle” (exemple album des Beatles)
  • Certains effets de volume, distance, stéréo, etc peuvent être recréés numériquement, mais pas tous, et ça nécessite de très bien maîtriser les outils
  • quand on monte, on garde des pistes “archives” avec les sons ou les bouts de son qui ont été exclus

L'objet sonore finalisé:

  • penser à l'endroit (ou aux endroits) où l'auditeur va écouter (au casque, sur un poste mono, dans un environnement bruyant)
  • faire des tests dans ces conditions pour évaluer la qualité sonore
  • problèmes possibles: compression trop ou pas assez forte, problème de phases (mono→stéréo), problème de fréquences inaudibles…

La balade sonore

Objectif des sonographies:

  • proposer aux auditeurs une autre manière d'écouter la radio, in situ.
  • Explorer les possibilités offertes par ce principe d'une « bande son pour un lieu ».
  • Envisager toutes les possibilités de formes radiophoniques.
  • Faire découvrir des endroits incongrus, inconnus, ou redécouvrir autrement des lieux que l'on croit connaître
  • Explorer la marge de la ville, à l'endroit où l'urbain se perd doucement

Spécificités de l'écoute in situ:

  • on n'a jamais un casque complètement fermé: on entend ce qui se passe autour
    • donc on ne met pas de voitures qui passent dans la bande son pour “imiter” l'endroit, ça devient très redondant
    • on peut jouer avec ce que l'auditeur entendra (en essayant de l'imaginer)
  • profiter des configurations de lieux que l'on connaît (exemple de l'escalier dans la balade de Saint-Jacques)
  • inviter le visiteur à explorer (exemple du parking de Saint-Jacques)
  • jouer avec ce que l'auditeur voit (amplification, antithèse, etc.)

Formats envisagés:

  • fiction
  • documentaire
  • reportage
  • formes plus ou moins abstraites
  • formes musicales

… pas de limite !

Écouter

Pour aller plus loin

Webographie

Sur les aspects techniques

La création sonore: qui, où, quoi ?

documents/memo_creation_sonore.txt · Dernière modification: 2016/11/11 17:17 par jm